Archive for the ‘MODE’ Category

Chantal Thomass mise à nu

by Alix de Boisset on juin 14th, 2010 Commentaires fermés

@ Fabien Lemaire

Reconnaissable par sa silhouette et son style, Chantal Thomass parvient à allier l’élégance, le charme et le désir au sein de ses créations. Féminine et impertinente, cette icône glamour de la mode est la première créatrice qui a réussi à faire prendre le dessus aux dessous. Entretien avec cette papesse de la lingerie qui entretient un ton, un nom et un style depuis ses débuts.

1. Vous considérez-vous comme une figure de la mode ?

Chantal Thomass : Je suis reconnaissable par la touche glamour de mes créations.

2. Comment définiriez-vous votre style ?

Chantal Thomass : Pour ce qui est de mon style personnel, j’empreinte beaucoup d’éléments à la garde robe masculine. Je mets rarement une robe de mousseline sauf quelquefois pour sortir le soir mais je suis plutôt en smoking ! J’aime aller de l’avant, avec toujours une envie d’entreprendre de nombreuses choses. Quant à mon style professionnel, je suis très curieuse et j’aime découvrir de nouveaux métiers. J’ai fait des meubles il y a deux ans et là je lance pour le Designer day une collection de lustres et de miroirs pour Véronèse qui sont fabriqués et soufflés à la main en Italie à Venise dans un style 18ème revisité.

@ Kai Jünemann

3. Racontez-nous votre parcours…

Chantal Thomass : J’ai commencé fin des années 60 en 1968-1969 à l’âge de 18 ans : mes parents m’ont émancipé car la majorité était à 21 ans. Au début j’ai fait quelques robes sous le nom de « Ter et Bantine » avec mon fiancé qui étudiait aux Beaux Arts. Mes premières robes étaient composées de tissus peints. Je sortais beaucoup à l’époque et je faisais faire ces robes par ma mère. Les gens trouvaient en général mes habits très beaux ! Au culot, j’ai envoyé trois robes à la boutique branchée de l’époque à Saint-Tropez, le Café des Arts, dans un petit paquet en disant : « voilà mon travail, est-ce que cela vous intéresse ? ».  Ils m’ont appelée huit jours après : j’avais vendu une robe à Brigitte Bardot, une autre à Michelle Mercier et une dernière à une autre star de l’époque. On m’a alors demandée d’en faire vingt de plus. On a donc passé l’été à Saint-Tropez allant chercher l’argent dès qu’une robe était vendue ! En septembre, j’ai décidé de faire ce métier. A l’époque, il y avait la mode et la Haute couture. Le prêt à porter était basique, et la Haute Couture était très loin de mon univers de mes 18 ans. Progressivement, j’ai appris le métier, j’ai eu un petit atelier et puis un grand. Sept ans plus tard, j’ai eu envie de changer de style, je me suis sophistiquée, j’ai appris les belles matières et la griffe est devenue « Chantal Thomass pour Ter et Bantine » et un peu plus tard « Chantal Thomass ».

4. A quoi ressemble la femme « Chantal Thomass » ?

Chantal Thomass : C’est une femme qui est féminine, qui essaie de trouver son style, qui ne cherche pas à imiter quoi que ce soit et qui choisit des choses qu’elle aime et qui les mélange. Cette femme n’est pas forcement dans la tendance. La lingerie n’a pas d’âge car c’est un raffinement que des femmes aiment toutes leurs vies de 16 ans à 80 ans. C’est un luxe qu’on ne montre pas à tout le monde. La clientèle, c’est une femme raffinée qui fait attention à son corps et a envie d’être jolie le matin.

5. Quelles sont les valeurs que vous souhaitez transmettre ?

Chantal Thomass : Je n’essaie pas vraiment de faire passer des messages. J’ai juste envie que les gens se sentent bien, que les femmes se sentent belles, qu’elles soient heureuses, aient confiance en elles et plaisent à leurs hommes. Je n’ai pas de message philosophique à transmettre !

6. Les critères de beauté ont changé depuis le début du siècle…

Chantal Thomass : Jusqu’en 1900, les femmes étaient en rondeur avec des formes. Dans les années 1920, c’est la garçonne  : les femmes deviennent plates, montrent leurs jambes et veulent bronzer. Il y a un vrai besoin de liberté. Les soutiens gorges de Chanel par Cadole étaient des aplatisseurs parce qu’il ne fallait pas de poitrine. Dans les années1940, les femmes se sont ré-arrondies et les soutiens-gorges sont devenus plus pointus. Et les années 1950, c’est le New Look de l’après guerre, la taille est très fine et serrée parce que les femmes ont maigri. Dans les années 1970, la silhouette est longiligne, plate, à la Jane Birkin, on ne portait pas de soutien-gorge. Dans les années 1980, je suis arrivée avec de la lingerie au milieu d ‘une génération sans soutien-gorge et porte jarretelle. J’ai donc eu envie de lingerie fine et sexy que j’ai présentée dans les défilés de prêt à porter comme accessoire et ça a été un choc. J’ai commencé la lingerie par hasard sans penser à en faire une carrière.

7. Comment sélectionnez vous les matières ?

Chantal Thomass : J’adore travailler les matières. Je vais beaucoup à Calais pour les dentelles, en Suisse pour les broderies et en Italie pour les imprimés. Je m’inspire beaucoup de leurs livres d’archives. J’arrive avec une idée et on la retravaille. Les corsets sont fabriqués par des artisans qui sont devenus rarissimes.

8. Quelles exigences la lingerie de luxe doit-elle respecter ?

Chantal Thomass : Les matières doivent être douces et agréables, et ne doivent pas irriter la peau. La lingerie doit être esthétique, bien coupée, fonctionnelle et originale.

9. Comment se passe votre processus d’inspiration ?

Chantal Thomass : Je recherche d’abord les matières. Je collectionne beaucoup les livres anciens, les magazines, des piles et des piles de Elle, Vogue, des pièces anciennes de lingerie, j’en ai des boîtes et des boîtes… Les idées viennent de tout : une expo, des livres anciens. J’ai souvent tendance à m’inspirer de choses anciennes : le 18ème siècle (un corset, un noeud, un froufrou d’une robe de Marie-Antoinette), un film, et un tissu d’homme. Par exemple j’ai crée un soutien-gorge avec une cravate minuscule : j’aime les choses décalées.

10. Quels sont les univers artistiques qui vous inspirent ?

Chantal Thomass : Ce peut être la peinture, une expo, le ciné, les concerts, une multitude de choses en réalité.

11. L’évolution de la mode se concentre-t-elle dans vos collections ?

Chantal Thomass : Oui, il y a toujours un petit côté pin up, il y a des saisons où c’est plus épuré, d’autres où c’est plus froufrou, ou d’autres dans un style années 20 ou Marie-Antoinette. Cela dépend de mon inspiration du moment.

12. Comment sélectionnez les composants de vos parfums ?

Chantal Thomass : Je ne les choisis pas directement, on me les propose. La personne qui compose le jus me pose plein de questions : quels sont mes souvenirs d’enfance, mes odeurs préférées. Elle nous fait sentir 6 ou 7 essais puis on les retravaille pour que ce soit plus piquant par exemple. J’ai fait deux parfums : le premier, « Ame coquine » qui est très sucré, gourmand, et le deuxième, « Osez-moi », qui est plus fleuri à base de roses principalement.


13. Parlez-nous de votre boutique rue Saint Honoré que vous avez réalisée avec le designer Christian Ghion

Chantal Thomass : J’avais envie d’un boudoir contemporain. J’ai travaillé avec Christian Ghion qui a apporté sa touche contemporaine et des matériaux que je ne connaissais pas. Les cabines sont roses et capitonnées, et l’éclairage est étudié pour se sentir belle.

14. Quelle pièce seriez vous si vous étiez une pièce de lingerie ?

Chantal Thomass : Un soutien-gorge car c’est ce qui met vraiment en valeur la femme et qui marque notre grande différence avec les hommes.

15. Qu’est ce qui selon vous crée une mode ?

Chantal Thomass : C’est un mélange, une idée partie d’un créateur adaptée par la rue qui la rend accessible à tout le monde. Mais maintenant c’est difficile car tout est sur internet : quand un couturier présente ses collections, le prêt à porter copie très vite.

16. La mode est-elle une industrie comme une autre ?

Chantal Thomass : La mode est d’abord une composante de l’industrie du luxe mais elle reste une industrie comme une autre.

17. Le luxe et la mode : quelles différences ?

Chantal Thomass : Le luxe c’est la rareté, l’exception, la qualité. Un sac Hermès, on le désire : il faut le commander, il est fait spécialement pour vous, il y a un savoir faire autour. Le vrai luxe c’est l’artisanat. Mais c’est vrai qu’actuellement le luxe s’est beaucoup démocratisé.

18. Quel est votre péché mignon ?

Chantal Thomass : La gourmandise ! Les pâtisseries, notamment les macarons de chez Ladurée.

19. Avez-vous un rêve à réaliser ?

Chantal Thomass : Oui encore pas mal de rêves ! J’aimerais bien faire plus de déco : décorer un hôtel ou un restaurant.

20. De quoi êtes-vous la plus fière ?

Chantal Thomass : Mes deux enfants. Mon fils qui travaille dans le cinéma et ma fille qui est artiste peintre.

21. Quelle femme représente pour vous le plus la féminité le plus aujourd’hui ?

Chantal Thomass : Dita von Teese, c’est la féminité poussée à  l’extrême, une icône du glamour. Rania de Jordanie est aussi très féminine, Scarlett Johansson ou Vanessa Paradis.


Pour en savoir plus sur Chantal Thomass :

www.chantalthomass.com

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La maison Vouelle ou deux américaines à Paris

by Alix de Boisset on avril 30th, 2010 Commentaires fermés

Fondée par Melissa Regan et son époux Julien de Vogèle, la Maison Vouelle est née de la volonté de répondre aux désirs des femmes d’aujourd’hui dans la pure tradition du Luxe à la Française. La Directrice Artistique de la maison, Michelle Boor crée des modèles de souliers sur mesure, entièrement façonnés en Italie et habillés de matières nobles et précieuses sélectionnées pour leur qualité et leur singularité : satins de soie, crêpes, organza, cuirs, peaux exotiques. « Une esthétique intemporelle et novatrice à la fois, une allure aérienne et sensuelle, le tout pour un raffinement visuel et une signature du travail d’artisans hautement expérimentés », tel est le mot d’ordre de Vouelle. Rencontre avec Melissa Regan et Michelle Boor dont le talent immense et la gentillesse m’ont autant enthousiasmé que leurs souliers d’exception.

1. Vous considérez-vous comme une figure de la mode féminine ?

Michelle Boor : Oui, d’une certaine façon.
Melissa Regan : Me sentir respectée par mes pairs, oui. Me considérer comme une figure de la mode Féminine pas tout à fait encore. La Mode est une manière de vivre, de penser, propre à une époque… J’espère y apporter un jour ma touche.

2. Comment définiriez-vous votre style ?

Michelle Boor : Un look naturel et épuré. J’adopte totalement le style d’une des Parisiennes les plus branchées : Jane Birkin. Ce mélange du bobo et du chic montre mon goût prononcé pour la mode. Ma devise : un jean moto avec l’un des plus grand classiques le « sac Birkin ».


Melissa Regan : Mon style est plutôt éclectique, je peux aussi bien porter une tenue de sport comme enfiler une robe très habillée et une paire de nos chaussures de 120 mm !

3. Racontez-nous votre parcours…

Michelle Boor : J’ai étudié à New York à la Fashion Institute of Technologie et à la Parsons School of Design avant de venir à Paris compléter ma formation chez Guy Laroche sous la direction d’Albert Elbaz. Puis, je suis retournée à New York pour assurer la direction du prêt-à-porter femme chez Theory avant de revenir dans la capitale française pour insuffler mon énergie créative à Apostrophe ou j’ai également travaillé comme consultante pour Georges Rech.
Melissa Regan : J’ai commencé par étudier l’économie et la finance à la Pacific Lutheran University puis j’ai obtenu mon MBA à l’université de Pepperdine. Mes études m’ont ensuite amenées en France en 2002 où j’ai décroché mon DESCM à l’École Supérieure de Commerce. J’ai donc tout naturellement commencé ma carrière dans la finance entre Londres et Paris. Et puis, à force de rencontres et d’envies, j’ai créé Vouelle avec mon mari Julien de Vogele. Je suis aujourd’hui en charge  de la gestion des opérations et du développement de Vouelle, dont le nom gagne rapidement en prestige sur les cinq continents.

4. Comment en êtes-vous arrivée au projet « Vouelle » ?

Michelle Boor : Je suis une amie de longue date, avec Melissa Regan de Vogele. Et un jour, Melissa est venue vers moi et m’a présenté son projet. Cela correspondait tout à fait à mes attentes, à mes envies de créativité et d’engagement et c’est parti comme cela.
Melissa Regan : C’est à la veille de mon mariage et de la difficulté de trouver le parfait soulier pour l’occasion que m’est venue cette idée. Je me suis rendue compte que je ne devais pas être la seule mariée à vivre ce casse-tête. Donc, à nous trois (Michelle, Julien et moi-même) nous avons décidé d’unir nos talents pour lancer Vouelle. Et puis l’évolution de Vouelle s’est faite naturellement.

5. Quels sont les univers artistiques ou artisanaux qui vous influencent dans votre travail ?
Michelle Boor : Dans mon univers de travail, l’art, la sculpture, la photographie, les différentes époques comme les années 20 par exemple, sont mes univers qui m’influencent.

6. Quel est votre processus d’inspiration ?

Michelle Boor : Tout dépend des moments, des humeurs, des idées qui me viennent… Je commence à dessiner des croquis sans forcément avoir d’idée préconçue à la base. Puis, à partir de là, je les étudie plus précisément jusqu’à ce que je sente que mon modèle peut devenir un modèle phare de la collection.
7. Quelles sont vos matières fétiches ? Sur quels critères les sélectionnez-vous ?

Michelle Boor : Je travaille différentes matières telles que : le cuir, la dentelle, les plumes…
Pour ma sélection, c’est très simple, je fonctionne au touché des matières. Cela me permet de choisir la qualité. Puis, à partir de ce moment-là, je laisse mon imagination faire son effet.
8. Quel est le profil de votre clientèle ?
Melissa Regan : Elles sont sensibles à la qualité et au travail minutieux de l’industrie de la chaussure. De plus, ce sont des femmes éduquées, expertes, passionnées par la découverte de nouveaux horizons, notamment à travers le voyage.
9. Que représente le mariage pour vous ?

Michelle Boor : Être une princesse pour un jour !
10. La chaussure prend une place sans cesse plus importante dans le prêt à porter, qu’en pensez-vous ?

Michelle Boor : En effet, les accessoires comme les chaussures ou bien encore les sacs prennent une place importante aujourd’hui. Les femmes adoptent de plus en plus le Jean/T-shirt. Ainsi, ces accessoires sont des petites touches qui accentuent et personnalisent le style de la femme.
Melissa Regan : Force est de constater qu’une belle paire de chaussures change l’allure d’une femme. Cela change notre cambrure, notre manière de marcher, même de parler, et que cela soit en paire de ballerines ou en escarpins.
11. Quelles exigences la chaussure de luxe doit-elle respecter ?
Michelle Boor : La qualité, le style et aussi le confort !
Melissa Regan : D’être originale et de donner l’envie de les garder pendant des années comme une véritable pièce de collection.

12. Quelles valeurs Vouelle souhaite transmettre aux femmes  d’aujourd’hui ?
Melissa Regan : Restez vous-même, profitez de la vie et surtout profitez des chaussures Vouelle : « sexy raffiné et edgy ».
13. Comment se passe votre collaboration en équipe (avec Melissa Regan et Julien de Vogele, les fondateurs) (Michelle Boor, directrice artistique) de Vouelle?

Michelle Boor : Nous sommes en très bonne collaboration. Ils comprennent mon style, mes envies et me soutiennent toujours dans mes nouvelles créations. Il y a un équilibre entre nous : ils gèrent le côté commercial, marketing, développement et production et j’apporte ma créativité à l’entreprise.
Melissa Regan : Il y a une certaine dynamique entre nous trois et sommes très complémentaires. Michelle nous apporte sa créativité et moi je m’occupe de la production, des ventes et de notre développement. Julien comprend la façon dont Michelle et moi travaillons et fonctionnons et je pense qu’il apporte une magnifique balance entre nous deux car il a une vision globale de la marque.

14. Quelles sont les actualités à suivre pour Vouelle…
Melissa Regan : Il y tellement de choses… !!!
- Promo du film le plus glamour de cet été : l’Arnacoeur.
- Lancement du site e-commerce où l’on propose la collection : mariage et prêt-à-porter.
- Lancement de nouveaux produits tels que des écharpes en soie avec un imprimé des croquis de la collection.
- Développement de notre marque dans d’autres pays
- Participation au Festival de Cannes
Ce sont justes quelques actualités du moment, les plus importantes restent à venir… comme l’ouverture de notre première boutique à Paris !

Pour en savoir plus sur Vouelle :

http://www.vouelle.com/

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Patrick Robin, pionnier du web français

by Alix de Boisset on mars 7th, 2010 479 Comments

patrick robin

Figure iconoclaste du web français, successivement éditeur, patron de presse, pionnier de l’accès internet puis occasionnellement business angel, Patrick Robin est aujourd’hui à la tête de 24h00.fr, l’un des portails féminins français spécialisés dans le shopping en ligne.

1. Vous considérez-vous comme une figure du web ?

Patrick Robin : Je suis parfois reconnu comme un pionnier du web, du web francais… ça fait beaucoup relativiser ! Je ne sais pas si cela fait de moi une figure du web mais si tant est que certains le considèrent, alors je suis peut être une figure du Web, mais une figure des années 1990. Il y a de nouvelles figures du web qui ont émergé depuis, celles des années 2000, et pour qui j’ai beaucoup de respect et d’admiration.

2. Comment définiriez-vous votre style ?

Patrick Robin : Je suis plutôt du genre “inquiet-décontracté”, et du coup ça se retrouve à peu près dans tous les domaines de ma vie. Je ne réfléchis pas beaucoup, je suis un intuitif, opportuniste, parfois impulsif et au final je ne regrette jamais rien. Tout cela ne fait pas “un grand style” mais c’est un style avec lequel j’ai appris à vivre. En revanche c’est un style qui peut parfois être pénible pour les autres…

3. Quel est votre parcours ?

Patrick Robin : Peu d’études. J’ai lancé ma première société à 22 ans et depuis cela n’a jamais cessé. Je suis dans la case “serial entrepreneur”. J’ai fait pas mal de métiers qui tournaient autour de la publicité mais j’ai surtout été et me considère toujours comme un éditeur. J’ai eu plusieurs maisons d’éditions (livres et presse) : Love Me Tender (j’ai publié Jungle Fever par exemple le premier livre de Jean Paul Goude), Photo Revue (j’étais associé avec le mythique Daniel Filipacchi), CD Média et Internet Reporter en 1994. C’est ce dernier titre qui m’a amené à lancer ImagiNet fin 1994, et qui a été l’un des deux premiers FAI (fournisseur d’accès internet) et web agency francais. Puis en février 1995, j’ai fondé ROL la première régie publicitaire internet que j’ai vendu en 1998 avant la crise de 2000,  et même bien avant que l’on ne commence à marcher sur la tête (!). Après quelques années sabbatiques dans le sud de la France et une certaine lassitude à regarder l’herbe pousser, j’ai fondé 24h00.fr : un portail féminin dédié à la mode et au shopping en ligne.

24h00.fr

4. Parlez-nous du nouveau magazine 24h00.fr...

Patrick Robin : Au delà d’être un portail, 24h00.fr a également sa version papier. C’est le premier magazine féminin entierement consacré au shopping en ligne. Il s’adresse à ce que j’appelle depuis bientôt 3 ans, la e-shoppeuse. Ce magazine parle de mode, de tendance, de beauté, de déco, de voyages… Comme tous les magazines féminins, nous avons une consigne éditoriale stricte : tout ce dont nous parlons dans les pages de ce magazine à “périodicité irrégulière” doit pouvoir s’acheter en ligne. Autre originalité de ce titre, c’est que pour la première fois, je crois, toutes les pages de publicité (31 au numéro 1) sont vendues à la performance (nous touchons un pourcentage du chiffre d’affaires réalisé par l’annonceur). Si j’ai lancé ce magazine c’est aussi parce que je suis convaincu qu’aujourd’hui le marché du e-commerce est suffisamment mature pour que nous revenions à des stratégies Mix Medias, stratégies qui ont prouvé leur efficacité dans le passé.

magazine 24h00

5. Le web est-il un secteur comme un autre ?

Patrick Robin : Je dirais qu’il le devient. L’ère des pionniers est derrière nous, je crois. Les costumes gris ont repris le pouvoir. Je dis cela et en même temps je veux encore croire au contraire. Le web reste un secteur plein d’energie, de créativité, d’audace, où les dogmes n’ont pas encore castré les entrepreneurs.

6. Qu’avez-vous tiré de l’expérience 24h00 comme site de ventes événementielles ?

Patrick Robin : Que je n’étais pas fait pour ce métier ! Que les ventes privées ne sont pas un métier d’internet, ni de communication, ni de marketing, mais un métier d’acheteur et avant tout de logisticien.

7. Quels sont les ingrédients qui, selon vous, créent une « success story » du web ?

Patrick Robin : L’agilité et la pugnacité. Ce n’est pas paradoxal.

L’agilité ? C’est à dire se remettre en cause en permanence et être prêt à changer son business model du jour au lendemain, par exemple.

La Pugnacité ? Ne jamais renoncer… et pour cela, la mobilité, l’agilité, sont  justement des façons de redonner une dynamique alors qu’on était prêt à jeter l’éponge. Cela vaut pour soi mais aussi pour les équipes et les investisseurs.

8. De quoi êtes-vous le plus fier ?

Patrick Robin : … A part de ma fille ?! Sans doute d’être souvent, “juste avant”. Je suis fier de mon intuition (je n’ai rien fait pour) et de mon insouciance (là non plus) qui m’a souvent poussé à suivre mes intuitions et avoir le courage (qui n’en est pas finalement) de faire les choses ! Tout n’a pas forcément marché comme je l’aurais voulu… mais je l’ai fait !

9. Un rêve à réaliser ?

Patrick Robin : Un seul ? C’est difficile ! Mais pour rester dans l’esprit de votre site, je dirais “acquérir du style”… C’est un rêve, je crains qu’il ne soit un peu tard. Plus raisonnablement alors, je dirais, que ma prochaine entreprise soit “utile”!

10. Quels sont vos projets pour 2010 ?

Patrick Robin : Installer la marque 24h00.fr, lire régulièrement votre site, et m’occuper un peu plus des gens qui m’aiment (ça aurait aussi pu être une réponse à la question précédente !)

Pour en savoir plus sur Patrick Robin :

http://www.24h00.fr/

http://www.journaldunet.com/dossiers/net20/20pionnier2.shtml

http://www.journaldunet.com/ebusiness/commerce/interview/patrick-robin-nous-arretons-les-ventes-evenementielles.shtml

http://www.decideurstv.com/video/patrick-robin-24h00-je-cree-une-base-de-donnees-de-e-shoppeuses-1776/

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Peter Philips, peintre de la mode

by Alix de Boisset on février 14th, 2010 21 Comments

maquillage

Homme de la couleur et « prince des maquilleurs », Peter Philips est réputé pour ses réalisations avant-gardistes de maquilleur hors pair. Maître des pinceaux et des palettes de la maison Chanel depuis 2008, Peter Philips a réussi à affirmer son idée d’une beauté axée sur un style plutôt que sur des modes éphémères. N’hésitant pas à utiliser des matériaux atypiques issus des ateliers artisanaux acquis par la marque comme des perles, des plumes, des rubans ou des tissus, Peter Philips m’étonne par sa capacité à oser des maquillages iconoclastes tout en réaffirmant le style classique de la marque dans la tradition de ses prédécesseurs : Dominique Moncourtois et Heidi Morawetz. L’Homme est un de ces satellites que Chanel collectionne tels que le plumassier Lemarié, le chapelier Michel, le brodeur Lesage, le bottier Massaro, le bijoutier fantaisiste Goossens, ou encore le fleuriste Guillet… 

chanel philips

Je vois davantage dans ses compositions l’oeuvre d’un peintre ou d’un sculpteur s’amusant à modeler des visages oniriques. Proche des oeuvres de Giuseppe Archimboldo, des pastels de Rosalba Carriera ou encore des rinceaux de Jean Bérain, Peter Philips joue sur les ombres, les accessoires et les couleurs pour habiller le visage d’une beauté infinie et habiter le modèle d’un éclat unique. 

philips mickey

Initiateur des « bijoux de peau », ces maquillages éphémères en trompe l’oeil, Peter Philips a véritablement réhaussé l’art du tatouage en permettant aux craintifs du marquage au fer rouge d’y toucher tout simplement, sans engagement éternel… Chaînes entrelacées, petites hirondelles, fleurs des champs, ces décalcomanies sont un hommage discret aux paravents de Coromandel chers à Coco Chanel

Place aux images…

philips

tatoo

tatoo

pink lady

philips 2

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La mode surréaliste de Gareth Pugh

by Alix de Boisset on février 6th, 2010 2 Comments

gareth_pugh

« L’ambiance mauve grisée et la lumière plombée évoquent la tristesse et le chagrin » explique Gareth Pugh.  Cherchant à marier inlassablement l’art et la mode, Gareth Pugh est un poète des temps modernes qui se sert des matières pour partager sa vision du monde. Un monde gothique, semi-apocalyptique, surréaliste où ce sont les ensembles qui animent les modèles. Les modèles surgissent du néant pour prendre vie et s’illuminer sous les feux des projecteurs.  On assiste à une résurrection des corps ou devrais-je dire des modèles pour donner vie aux pièces de couture.


PARIS FW S/S 10 – GARETH PUGH SHOW

Gareth Pugh me surprend toujours par sa capacité à trouver l’inspiration dans des sujets aussi inquiètants qu’époustouflants. Prêt à casser les limites des codes qu’on a l’habitude de voir chez les créateurs d’aujourd’hui, Gareth Pugh insiste sur l’aspect androgyne de ses modèles pour mettre davantage en valeur les pièces : héros gothiques, couleurs de plomb, terreuses voire demi-deuil, cascades de crêpe et de mousseline, couronnes de plumes d’oie en éventail… Le tout est orchestré par Matthew Stone qui remixe le thème majeur du film Requiem for a dream. Et justement, la mort est bien présente dans cette mise en scène extravagante où chaque détail est étudié minutieusement.

On se croirait aussi bien au Musée de l’homme avec un clin d’œil à l’histoire du costume, je pense à l’ensemble façon « iroquoise » ou le chapeau façon « capeline de chasse 18ème » qu’à un bal des vampires. Mais la mise en scène donne surtout l’impression d’assister au grand retour sur terre des héros de la Grèce Antique après des siècles de silence…


Pour en savoir plus :

http://www.garethpugh.net/

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