Quelques pointes avec Sébastien Bertaud

by Alix de Boisset on février 21st, 2010 62 214 Comments

sebastien Bertaud

Coryphée dans le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris, Sébastien Bertaud a déjà dansé maints rôles de soliste. Chorégraphe dans l’âme, il a signé plusieurs pièces marquantes. Entretien avec une étoile montante de l’Opéra.

1. Vous considérez-vous comme un figure de la Danse ?

Sébastien Bertaud : Une des 154 figures du Ballet de l’Opéra en tout cas, et peut être l’une des figures les plus atypiques!

2. Comment définiriez-vous votre style ?

Sébastien Bertaud : De formation classique, j’aspire à la rigueur et la fluidité, et je me nourris de mes rencontres avec les grands chorégraphes contemporains d’aujourd’hui

Pas de Cinq bertaud

3. Qu’est-ce qui vous a poussé vers la Danse et la Chorégraphie ?

Sébastien Bertaud : C’est la musique qui m’a conduit naturellement vers la danse. Pour la chorégraphie c’est l’envie d’aller plus loin, de prendre le risque de partir chercher l’inconnu… De partager mes désirs, mes envies avec d’autres danseurs, et le public avec qui j’ai envie de vivre ces instants.

Photo Haruyo Yokota

Photo Haruyo Yokota

4. Racontez-nous votre parcours…

Sébastien Bertaud : Après avoir commencé le piano et la danse et après beaucoup d’hésitations, j’ai choisi la danse que je trouvais plus ludique, plus axée sur le corps, sans doute moins fastidieuse que de longues heures assis derrière un instrument.
Mon professeur de danse a su éveiller mon intérêt et même ma passion en me montrant des vidéos, des livres, et en me faisant découvrir l’Opéra de Paris dont j’ignorais l’importance. J’ai alors compris que la danse pouvait être un métier. C’était une véritable une révélation, à un âge où l’on songe plutôt à devenir pompier ou archéologue… 
Soudain, l’idée d’aller sur scène et danser sur de la musique, avec des costumes, des lumières, face à un public, m’a paru alors très séduisante. Mon professeur m’a alors proposé de me présenter à l’École de Danse de l’Opéra, la meilleure filière possible pour devenir danseur professionnel. Suite à un échec à l’examen d’entrée, j’ai décidé de redoubler d’efforts, pour présenter le CNSM où j’ai été admis à l’âge de 14 ans. C’est au cours des démonstrations que Gilbert Mayer, un grand professeur,m’a conseillé d’écrire à la directrice pour savoir si je pouvais intégrer comme élève payant l’École de danse de l’Opéra. Elle a accepté et quatre mois plus tard, à l’issue d’une tournée au Japon, elle m’a intégré normalement dans l’École. J’avais participé à cette tournée, car j’étais le seul à rentrer dans le costume ! Après beaucoup de travail je suis finalement passé premier à l’examen de fin d’année, me retrouvant avec ceux qui avaient été acceptés d’emblée quatre ans auparavant quand je m’étais présenté. J’ai donc passé trois années à l’École de danse avant d’entrer dans le Corps de ballet. À l’École de danse, j’ai apprécié la qualité de la formation et des professeurs. En seconde division, j’ai été choisi par John Neumeier pour Yondering. Sa gestuelle me correspondait bien et fut pour moi une source de progrès. En première division, j’ai dansé les Sept danses grecques de Maurice Béjart : à 17 ans, travailler avec Maurice Béjart qui nous parlait de la Grèce, de son amour de la danse, pendant des heures, cela crée des souvenirs inoubliables et beaucoup d’envies.

Photo Haruyo Yokota

Photo Haruyo Yokota

5. Une journée type d’un danseur du ballet de l’Opéra National de Paris ?

Sébastien Bertaud : Pour moi, elle commence un peu particulièrement à 8h sur les bancs de Sciences Po, ensuite cours de danse à 11h30, répétition entre 13H30 et 16h et spectacle à 19H30.  Grâce à la qualité d’écoute et à l’ouverture d’esprit de Brigitte Lefévre sa directrice, l’Opéra a accepté que je suive la formation de cette grande école en parallèle et j’avoue que cela me demande beaucoup de travail. Depuis que je fais ces deux parcours, je me sens encore plus stimulé pour la danse elle-même, car cela crée une sorte d’urgence extrêmement positive. J’espère maintenant non seulement continuer à monter dans la hiérarchie du Corps de ballet pour accéder à des rôles plus importants, mais parvenir au bout de ce cycle afin de m’ouvrir des horizons nouveaux. C’est une perspective stimulante, mais je tiens pour l’instant à être d’abord et avant tout un danseur de l’Opéra de Paris.

Chinois

6. Pourriez-vous expliquer vos chorégraphies en quelques mots ?

Sébastien Bertaud : Après avoir présenté mes premiers travaux dans un style et une gestuelle très contemporaine, je me lance le défi d’utiliser la base classique dans une perspective actuelle. Quelle est la place d’un danseur classique aujourd’hui? Ce n’est pas uniquement de danser des rôles de princes charmants, mais aussi danser sur des musiques actuelles, d’aborder sur scène des thèmes de notre société… Créer fait partie de mes préoccupations. Ma priorité absolue est d’être danseur de l’Opéra, mais je peux aussi proposer des essais en développant ma propre esthétique. J’ai donc réalisé plusieurs petites pièces très personnelles qui explorent divers univers, comme celui de la théâtralité, de la présence, de l’image. Après ma rencontre avec Sasha Waltz et Pina Bausch, j’ai compris que l’on pouvait être à la fois très contemporain et aimer aussi le mouvement. J’ai fait depuis un duo Métamorphose dans ce sens, avec un travail plus poussé sur la technique et sur l’écriture chorégraphique. 
Pour mes premiers essais, j’ai eu aussi la grande chance de rencontrer des gens qui étaient disponibles et avaient envie de collaborer avec moi, de très grandes personnalités comme Marie-Agnès Gillot, Dorothée Gilbert, Jean-Marie Didiére et même Cyril Atanassof. En ce moment je travaille avec des gens de ma génération comme Vincent Chaillet et Charlotte Ranson, à l’occasion d’une carte blanche qui m’est offerte au théâtre de Longjumeaux le 25 mars prochain.

Sebastien Bertaud Garnier

7. Quels sont les univers musicaux ou artistiques qui influencent votre travail de chorégraphe ?

Sébastien Bertaud : Je suis passionné par toutes les formes d’expression artistique.  Lorsque je n’ai ni répétitions ni représentations, je vais beaucoup au cinéma et me précipite pour découvrir de nouveaux spectacles à Paris ; je suis passionné par certains créateurs comme Christian Rizzo ou Wayne Mac Gregor. Je connaissais aussi tous les travaux de Juan Cruz et Luc Dunberry et lorsqu’ils sont venus monter le Roméo et Juliette de Sasha Waltz, ce fut un grand bonheur de les rencontrer. Mais je suis aujourd’hui très intéressé par la vidéo d’art, car elle permet d’apporter une dimension supplémentaire à la scène, en se mariant avec la musique, comme je l’ai fait dans « Métamorphose »  où le scintillement de l’eau projeté sur tout le fond de la scène trouve un écho sur la musique de Phillip Glass.

Cendrillon

8. Qu’attendez-vous des danseurs ?

Sébastien Bertaud : Disponibilité, engagement et générosité dans leurs mouvements.

9. Votre péché mignon…

Sébastien Bertaud : Les salons de thé Ladurée, définitivement… 

10. Quelles missions donnez-vous à la danse ?

Sébastien Bertaud : Emouvoir, créer des échanges, mais surtout faire rêver et peut être même donner envie de s’envoler !

11. Quels sont vos projets pour 2010 ?

Sébastien Bertaud : Monter « Sujet » au sein du Ballet de l’Opéra, réussir mes examens à Sciences Po, développer mon style chorégraphique et aimer !

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Vincent Bastien, le Luxe en questions…

by Alix de Boisset on février 18th, 2010 2 Comments

Vincent Bastien

Quelle chance d’avoir pu approcher l’une des figures incontestables de l’industrie du luxe français ! Vincent Bastien a dirigé de très grands noms durant près de 25 ans : Directeur Général de Louis Vuitton Malletier, Directeur Délégué de la division beauté du Groupe Sanofi, Président de Yves Saint-Laurent Parfums et de Sanofi Beauté, Directeur Général de Lancel… Ancien élève de l’Ecole Polytechnique, Vincent Bastien dirige la chaire Luxe à HEC où il enseigne actuellement. Confidences d’un homme de pouvoir…

1. Vous considérez-vous comme une figure industrielle du Luxe ?

Vincent Bastien : Je suis certes industriel, mais avant tout je suis un meneur d’hommes et un spécialiste du marketing produits.

2. Comment définiriez-vous votre style ?

Vincent Bastien : Mon style est du type « creative pathfinder » – désolé pour l’anglicisme, mais il est plus précis – c’est à dire la personne qui cherche et trouve de nouvelles voies pour les sociétés qu’elle dirige, et qui cherche à créer de la valeur ajoutée ainsi que de l’embauche de talents plus que la réduction de coûts, la délocalisation et les licenciements.

3. Quel est votre parcours ?

Vincent Bastien : A ma sortie de l’Ecole Polytechnique (X 1967), et de Stanford j’ai débuté ma carrière dans le groupe Saint-Gobain et ai notamment été PDG de Saint-Gobain Desjonquères. Parallèlement, j’ai décidé de reprendre une entreprise familiale de prêt-à-porter féminin assez importante dans les années 1970 puisque nous étions plus de 200 personnes (sans le savoir je prenais pied dans la mode puisque nous étions spécialisés dans la fabrication de robes !). Puis, j’ai eu l’opportunité de prendre la Direction de la marque Louis Vuitton alors que son capital était toujours familial, et après en avoir fait la marque que vous connaissez j’ai vécu la transition capitalistique vers le groupe de Monsieur Arnault… Très rapidement après ces évènements j’ai changé d’environnement et suis devenu Directeur Délégué de la branche beauté de Sanofi, puis Président Directeur Général d’Yves Saint Laurent Parfums. Enfin, Directeur Général de Lancel et Directeur Général de Smart Valley, Quebecor World Europe. A l’heure actuelle je dirige la chaire luxe de l’école de commerce HEC et enseigne à des élèves appelés à devenir Dirigeants… Notez que je suis écrivain à mes heures dans les spécialités du luxe et de la mode.

louis_vuitton_astronaut4. De Lancel à YSL en passant par Vuitton, pensez-vous avoir changé le cours des marques que vous avez dirigées ?

Vincent Bastien : Pour changer le cours d’une marque que l’on dirige, il faut un minimum de 5 ans – ce qui fut le cas pour Louis Vuitton; pour Yves Saint Laurent, je ne suis resté que 3 ans, ce qui m’a permis de remettre la marque sur la bonne voie – qu’elle avait quitté 5 ans plus tôt – mais pas de la changer.  Quant à Lancel, j’y suis resté peu de temps (18 mois) et ne m’y suis pas consacré à plein temps : mon rôle était de gérer son introduction dans le Groupe Richemont et passer le relais à un manageur – la marque était trop petite et trop bas de gamme pour me passionner surtout après avoir passé 10 ans chez Louis Vuitton puis YSL. En ce qui concerne Louis Vuitton, je ne fus que l’un des éléments d’un succès collectif, qui avait commencé avant moi – avec Henry Racamier – et a continué après moi – avec Yves Carcelle aux commandes. La seule société importante dont j’ai vraiment changé le destin est Saint-Gobain Desjonquères (devenu maintenant SGD), où je suis resté près de 14 ans et que j’ai fait passer de société en quasi faillite à leader mondial (notamment grâce à un développement vers la parfumerie, demandeuse de verrerie pour ses flacons), très rentable de son métier.

shalimar-Desjonqueres

5. Le luxe est-il une industrie comme une autre ?

Vincent Bastien : Connaissant bien le luxe de l’intérieur (j’y ai passé 1/4 de siècle), j’en ai un avis très différent de celui des gens qui en sont clients mais ne le connaissent pas. Ce n’est pas du tout une industrie, mais plutôt une façon très spécifique de gérer une « maison » – en fait une stratégie très originale – applicable dans tous les métiers. Dans ce secteur et lorsqu’on se trouve à la tête d’une maison, il faut sans cesse recharger la Marque par le rêve qu’elle doit procurer : inaccessibilité ou en tout cas rareté des produits représentatifs de la marque, théâtralisation des boutiques et merchandising cohérent, campagnes de publicité fréquentes mais uniquement sur des supports statiques – excepté pour la parfumerie qui peut se servir de l’écran animé – , service, respect absolu du concept de distribution sélective au sein de réseaux de points de vente possédés en propre et gérés de façon dictatoriale, mécénat avant-gardiste… Une fois recapitalisée par cette dimension onirique vitale et donc par l’Image, la marque peut être alors « déchargée » commercialement en respectant toutefois une logique de marge essentielle au secteur (une marque de luxe n’est qu’une gigantesque machine à justifier des marges ! Ces taux de marge variant autour de 80%, ils permettent les investissements d’image et de qualité). Si vous préférez et à titre d’exemple, les quelques 11 marques prenant la peine de défiler deux fois par an en Haute Couture aujourd’hui le font uniquement pour des questions d’image, la Haute Couture permet de vendre du parfum en grande quantité ! Une part du rêve est transférable de haut en bas… Sachez que 70% du chiffre d’affaire du luxe est réalisé par la parfumerie, les cosmétiques et la petite maroquinerie. Donc les valeurs d’Image et d’Usage se manient avec une précision de laborantin : il est toujours facile de descendre le positionnement d’une marque, très difficile et très cher de le remonter ! Il suffit de regarder la façon dont Balmain a récemment coupé toutes les licenses fanatiquement accordées précédemment pour ne faire plus que des produits volontairement hors de prix (tee shirts ou jeans à 280 euros fabriqués pour ne pas être achetés, si ce n’est par quelques initiés du monde de la mode à contre-courant) uniquement accessibles dans les boutiques de la marque. Carven, Cardin et d’autres comme Guy Laroche ont vécu des heures difficiles il y a 20 ans et ont décidé d’y répondre en élargissant leur réseau de vente et en cassant la distribution sélective… Ces marques ont été immédiatement délaissées par les leaders d’opinions du monde de la mode, puis des clients historiques, puis naturellement par les nouveaux clients pour finir par échouer chez quelques jeaneries multimarques de quartier ! Je suis sévère mais ces marques furent belles… Elles le seront à nouveau j’espère, mais à quel prix ! C’est ce que j’enseigne à HEC. Comme c’est extrêmement sophistiqué, cela ne s’explique pas en quelques lignes; pour en savoir plus, le mieux est que vous lisiez mon dernier ouvrage co-écrit avec M. Kapferer : « Luxe oblige » – ou « the luxury strategy » si vous préférez l’anglais, édité chez Eyrolles et disponible dans toutes les bonnes fnac ! Vous trouverez également dans ces ouvrages quelques éléments de réponse à vos questions sur la Mode.

Luxe oblige

6. Qu’est-ce qui selon vous crée une mode ?

Vincent Bastien : Le système est pyramidal et à sens unique. Les marques proposent des gammes dont le style est sensé être en cheville avec l’évolution de la société dans laquelle nous vivons, puis la mode elle même est véritablement créée par les médias d’influence (Vogue sur le papier, Prestigium sur internet, par exemple) diffusés aussi de façon sélective ! Ensuite viennent les « early adopters » ou « leaders d’opinion » que sont les personnalités connues avec lesquelles les marques sont souvent en contrat publicitaire ou « d’ambassade ». Ce montage permet au grand public de rêver de styles, puis de produits en particulier, enfin de les désirer au point de les acheter et de les porter jusqu’à ce qu’ils se démodent…

Gorbatchev pour Vuitton7. Luxe et mode, quelles différences ?

Vincent Bastien : Le luxe comme marqueur social permet aux phénomènes de mode d’évoluer, la mode rentabilise l’industrie du luxe et le système dans son ensemble.

8. Quels sont vos projets pour 2010 ?

Vincent Bastien : Enseigner et investir à titre privé dans les projets auxquels je crois.

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Peter Philips, peintre de la mode

by Alix de Boisset on février 14th, 2010 529 Comments

maquillage

Homme de la couleur et « prince des maquilleurs », Peter Philips est réputé pour ses réalisations avant-gardistes de maquilleur hors pair. Maître des pinceaux et des palettes de la maison Chanel depuis 2008, Peter Philips a réussi à affirmer son idée d’une beauté axée sur un style plutôt que sur des modes éphémères. N’hésitant pas à utiliser des matériaux atypiques issus des ateliers artisanaux acquis par la marque comme des perles, des plumes, des rubans ou des tissus, Peter Philips m’étonne par sa capacité à oser des maquillages iconoclastes tout en réaffirmant le style classique de la marque dans la tradition de ses prédécesseurs : Dominique Moncourtois et Heidi Morawetz. L’Homme est un de ces satellites que Chanel collectionne tels que le plumassier Lemarié, le chapelier Michel, le brodeur Lesage, le bottier Massaro, le bijoutier fantaisiste Goossens, ou encore le fleuriste Guillet… 

chanel philips

Je vois davantage dans ses compositions l’oeuvre d’un peintre ou d’un sculpteur s’amusant à modeler des visages oniriques. Proche des oeuvres de Giuseppe Archimboldo, des pastels de Rosalba Carriera ou encore des rinceaux de Jean Bérain, Peter Philips joue sur les ombres, les accessoires et les couleurs pour habiller le visage d’une beauté infinie et habiter le modèle d’un éclat unique. 

philips mickey

Initiateur des « bijoux de peau », ces maquillages éphémères en trompe l’oeil, Peter Philips a véritablement réhaussé l’art du tatouage en permettant aux craintifs du marquage au fer rouge d’y toucher tout simplement, sans engagement éternel… Chaînes entrelacées, petites hirondelles, fleurs des champs, ces décalcomanies sont un hommage discret aux paravents de Coromandel chers à Coco Chanel

Place aux images…

philips

tatoo

tatoo

pink lady

philips 2

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James Thierrée, confession d’un enfant du siècle…

by Alix de Boisset on février 12th, 2010 Commentaires fermés

james thierrée

James Thierrée enchante autant qu’il impressionne. Tour à tour comédien, acrobate, danseur, musicien et inventeur de spectacles étourdissants de magie, James Thierrée est un travailleur acharné qui exige de lui-même l’impossible. Héritier d’une prestigieuse dynastie d’artistes, James Thierrée a prouvé au monde entier en seulement quelques créations, qu’il pouvait faire triompher l’imaginaire sur les planches d’un théâtre avec sa troupe, La compagnie du Hanneton. Pari réussi avec La Symphonie du HannetonLa veille des abysses et Au revoir parapluie qui ont enthousiasmé le public. James Thierrée se fond dans le Théâtre.. ou devrais-je dire que le Théâtre se fond dans James Thierrée car il en fait un lieu où tout est possible, le traitant comme un carrefour de tous les arts.

raoul

Clown, poète acrobate, philosophe, magicien, James Thierrée est dans une quête incessante d’un paradis perdu tout droit sorti de la nuit des contes de fées ou de John Milton. Recherchant leurs places dans le monde actuel, ses personnages reflètent bien l’ivresse de James Thierrée : atteindre le coeur de l’humanité. Voltige, jonglage, acrobatie, mime, contorsion, danse, chant, lyrique, il puise dans toutes les disciplines pour donner vie à ses visions fantasmagoriques, oniriques et obsédantes dignes de Jérôme Bosch ! Monstres marins affectueux, insectes étranges, éléphants de chiffons, scarabées métalliques, gigantesques méduses… Toutes ces créatures évoquent les différentes phases de la vie.

monstre

Ce double jeu entre esthétique et féérique me donne la sensation de retourner en enfance avec des yeux d’adulte. J’ai l’impression que les personnages de Béatrix Potter qui ont bercé mon enfance londonienne, viennent me hanter ou que les bestiaires animaliers du Moyen Age se réincarnent sur scène pour m’aider à fuir le quotidien… Doté d’une grâce inouïe, le petit fils de Charlie Chaplin est un magicien des temps modernes qui nous emporte dans un souffle poétique et nous pique au coeur sans mot dire.


La Veillée des Abysses par James Thierrée

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Véronique Gens, émouvante Prima Donna

by Alix de Boisset on février 9th, 2010 168 Comments

Veronique Gens

Silhouette élancée, regard grave, voix cristalline…

Interprète reconnue pour ses performances en musique baroque, Véronique Gens a su intelligemment tisser sa toile lyrique et élargir le spectre de son répertoire depuis des opéras de Mozart (La Flûte Enchantée, Cosi Fan Tutte, Les Noces de Figaro) aux mélodies françaises (Berlioz, Debussy…), aux airs et danses de Gluck (Les Tragédiennes) et aux opéras de Wagner (Le Vaisseau Fantôme). Suffisamment talentueuse pour ne pas s’être enfermée dans le répertoire baroque, Véronique Gens a su gagner en maturité pour donner à sa carrière un tournant international. Elle a interprété des rôles aussi divers que Chérubin et la Comtesse, dans les Noces de Figaro, Donna Elvira dans Don Giovanni, Vitellia dans La Clémence de Titus, Pamina dans La Flûte enchantée ou Fiordiligi dans Così fan tutte, Mélisande dans Pelléas et Mélisande, Alcina de Haendel, et Tatiana dans Eugène Onéguine

Gens Alcina

C’est en écoutant il y a quelques années son album « Les Nuits d’été » de Berlioz, que je suis restée sans voix face à un timbre aussi chaud et racé. Inutile de dire que je reste toujours aujourd’hui, subjuguée par cette soprano qui sait unir tant de grâce à tant de gravité.

Aujourd’hui, Véronique Gens compte parmi les interprètes mozartiennes les plus renommées et collabore avec les grands chefs d’orchestres, tels William Christie, Claudio Abbado, Thomas Hengelbrock, Jean-Claude Casadeus, Ivor Bolton

Pour en savoir plus : http://veroniquegens.com/

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Jacques Lameloise : les pieds sur terre, la toque dans les étoiles…

by Alix de Boisset on février 8th, 2010 548 Comments

Jacques_Lameloise

« Chez nous, aucun mot n’est trop fort lorsqu’il s’agit d’honorer celui ou celle que l’on reçoit… » Expression qui s’entretient de père en fils dans la famille Lameloise, célèbre pour sa dynastie de chefs cuisiniers hors pairs. Impossible pour moi de ne pas connaître Jacques Lameloise, étant devenue une fille adoptive de la Bourgogne depuis huit ans.

Bien connu de toutes les fines bouches de France, Jacques Lameloise a fait revivre un ancien relais de poste datant du 15ème siècle dans le village de Chagny en Saône et Loire. Perpétuant le talent et l’exigence gastronomique de son père Jean et de son grand-père Pierre lequel dénonçait au début du siècle que « les piètres agapes modernes où les estomacs débilisés s’effarent devant les plats de haute envergure »( !) Jacques Lameloise s’est vu décoré de sa deuxième étoile Michelin en 1974 et de sa troisième en 1979 !

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Si Jacques Lameloise est devenu un chef tri-étoilé aussi jeune, c’est que son style de cuisine et son caractère passionné ont conquis plus d’un palais exigeant. Et pour cause ! En 2007, Jacques Lameloise a de nouveau été récompensé de 3 étoiles… Ses spécialités ? Des raviolis d’escargots de bourgogne dans leur bouillon d’ail doux, le pigeonneau rôti à l’émiettée de truffes, le millefeuille de filet de bœuf et foie gras agrémenté de pommes de terre soufflées… Vous restez encore sur votre faim ? Un millefeuille de homard aux tomates pressées ou de fines feuilles craquantes au caramel et chocolat…

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Comme toute histoire – même gustative – a une fin, Jacques Lameloise comme Alain Sanderens, Lucas Carton ou Olivier Roellinger, a rendu ses étoiles, las de la course aux investissements et de la pression inhérente. C’est désormais Frédéric Lamy, son neveu, qui remet le couvert, le chef de cuisine Eric Pras restant aux fourneaux. Mais n’ayez crainte, l’ombre de Jacques Lameloise ne sera jamais bien loin, ce dernier s’étant engagé à accompagner son successeur en douceur(s)

Envie d’exciter vos papilles ? http://www.lameloise.fr/

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Rencontre impromptue avec Jean-Louis Bachelet

by Alix de Boisset on février 8th, 2010 1 048 Comments
  

jeanlouis_bachelet

Par le plus grand des hasards, j’ai eu la chance de rencontrer Jean-Louis Bachelet. Pianiste et auteur dramatique, Jean-Louis Bachelet pratique depuis dix ans en alternance récitals et mises en scène. Formé à la mise en scène dans les années 1980, il se passionne pour le théâtre densemble russe et découvre Lorca, Mishima, et Koltès. Sa première pièce, «La nuit au jardin dEden», consacrée à la mémoire des déportés en Union Soviétique, est montée en 1998 au Studio Le Regard du Cygne. En 2000, Jean-Louis Bachelet entre dans la compagnie Alma Viva pour un spectacle musical autour des mélodies de Prévert et Kosma. En 2003, Il participe au Théâtre du Nord Ouest à lintégrale Claudel, avec la comédienne Laure Lattuada. En 2005, il apparait en tant que pianiste au côté de Robin Renucci, dans la pièce « Le pianiste », à la Pépinière Opéra. En 2007, il met en scène «Le Périple dEva» avec la comédienne Jessica Jhean. Fondateur de la Compagnie Anser Fabilis pour faire jouer ses pièces, « Regarde, meurs, souviens-toi » est sa vingt-troisième pièce consacrée à trois moments de la vie d’une déportée à Ravensbrück… Voici les questions que j’ai souhaité poser à Jean-Louis Bachelet dont le talent m’a d’office conquise.

Je préfère le mot « visage » à celui de « figure »; le visage est ce qui définit la personne dans sa relation
première et immédiate à l’autre…si on s’en tient à cette définition, il ne peut y avoir de « visage » si
d’autres ne vous ont pas reconnu à travers celui-ci…j’ai sans doute un « visage littéraire » pour mon
éditeur et mes comédiens, mais ce n’est pas suffisant pour faire un écrivain.

1. Vous considérez-vous comme une figure littéraire ?

Jean-Louis Bachelet : Je préfère le mot « visage » à celui de « figure ». Le visage est celui qui définit la personne dans sa relation première et immédiate à l’autre… Si on s’en tient à cette définition, il ne peut y avoir de « visage » si d’autres ne vous ont pas reconnu à travers celui-ci… J’ai sans doute un « visage littéraire « pour mon éditeur et mes comédiens, mais ce n’est pas suffisant pour faire un écrivain.

2. Comment définiriez-vous votre style ?

Jean-Louis Bachelet : Comme auteur je me suis nourri, et je me nourris encore de tous ceux qui ont bouleversé ma vie : Dostoïevsky, Mishima, Lorca. Je crois avoir construit mon écriture dans un désir impérieux de communier à ce que les êtres et les choses ont de plus intime, de plus secret, de plus indicible, avec la volonté de le faire partager.

 3. Qu’est-ce qui vous a poussé vers la musique et le théâtre ?

Jean-Louis Bachelet : J’ai su très tôt que je consacrerai ma vie au piano et au théâtre. Mon enfance a été marquée par le sentiment de deuil que provoquaient les nombreux déménagements liés à la profession de mon père. L’art, comme la foi, est devenu très vite le lieu de l’unité de ma vie, ma terre d’élection, celle qui me permettait d’exister, tout simplement.

4. Pourquoi avoir monté cette compagnie de théâtre Anser Fabilis ?

Jean-Louis Bachelet : J’ai monté cette compagnie pour faire jouer les 24 pièces que j’ai écrites.

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5. Pourriez-vous expliquer votre mise en scène en quelques mots ?

Jean-Louis Bachelet : La mise en scène doit dire ce que ni les comédiens ni le textes ne peuvent dire. Quand tout est dit par les acteurs et le texte, la mise en scène doit être Silence. Dans ma pièce « Regarde, Meurs, Souviens-toi », tout est ordonné en vue de ce silence visuel, qui seul peut permettre de recevoir cette terrible histoire des camps.

6. Quels sont les univers littéraires ou artistiques qui vous influencent dans votre travail ?

Jean-Louis Bachelet : Le cinéma de Tarkovsky, notamment le film Nostalghia, et l’oeuvre de Dostoïvsky, sont ma bible artistique.

7. Qu’attendez-vous des comédiens ?

Jean-Louis Bachelet : Je forme mes comédiens en vue de leur permettre de vivre un lien vivant et signifiant avec les gens à qui ils s’adressent. Un bon comédien n’est pas quelqu’un que l’on voit, mais quelqu’un à travers qui l’on voit. A ce titre, les écoles parisiennes de formation de l’acteur font un véritable travail de sape, qui conduit à la destruction du jeu, à la destruction de l’acteur, à la destruction du théâtre tout entier. Nous misons sur le travail du corps, ce dernier étant le lieu même de la libération des intentions cachées dans le coeur de l’acteur; nous n’intervenons jamais sur le vécu, l’affect, l’intimité des gens, au risque de tomber dans la manipulation pure et simple. Le metteur en scène doit être à l’image du jardinier qui est témoin de la croissance de ses fleurs, et qui n’intervient qu’en vue de leur épanouissement.

compagnie Anser Fabilis

8. Quelles missions donnez-vous au Théâtre ?
Jean-Lousi Bachelet : Je crois que le théâtre reste le lieu de la Rencontre par excellence. Le cinéma est merveilleux, mais les acteurs n’y sont que des images. Il y a sur scène l’occasion d’une rencontre véritable, en vue de réconcilier l’homme avec lui-même, et, comme le disait Tarkovsky, de le préparer à sa propre mort… Oui, le théâtre est le lieu de la Rencontre.

9. Et la Musique dans tout ça ?

Jean-Louis Bachelet : Liszt, Schumann, Rachmaninov, Debussy m’ont tout appris de ce qu’est la notion de Sincérité sur scène, et -pourquoi ne pas le dire, de Vérité. Quand on est pianiste classique, on ne peut pas mentir. J’ai fait une pause depuis 8 mois, à cause de ma nouvelle pièce qui me prend trop de temps.

10. Quels sont vos projets pour 2010 ?

Jean-louis Bachelet : Nous préparons ma nouvelles pièce « Troyennes« , d’après les auteurs antiques : Homère, Dictys de Crêtes, Quintus de Smyrne, Virgile, Ovide. Ce sera une pièce très festive, avec la célèbre danseuse orientale Lolie dans le rôle d’Athéna, les comédiennes de ma précédente pièce, et Véronique Ebel dans le rôle d’Hécube; je serai aussi sur scène pour accompagner chants et danses avec une Darbouka et un fifre. A travers l’histoire du sac de Troie, je veux montrer le choc de la civilisation de l’Amour (les troyens) et de la culture de mort (les grecs). Cette pièce sera l’occasion pour moi de montrer le vrai visage d’Athéna, d’Agamemnon, d’Achille, qui ne sont rien d’autres que des criminels de guerre.


 

Pour assister à la pièce « Regarde, meurs, souviens toi  » :

http://www.theatreonline.com/guide/detail_piece.asp?i_Region=&i_Programmation=27887&i_Genre=&i_Origine=&i_Type=

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La mode surréaliste de Gareth Pugh

by Alix de Boisset on février 6th, 2010 2 Comments

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« L’ambiance mauve grisée et la lumière plombée évoquent la tristesse et le chagrin » explique Gareth Pugh.  Cherchant à marier inlassablement l’art et la mode, Gareth Pugh est un poète des temps modernes qui se sert des matières pour partager sa vision du monde. Un monde gothique, semi-apocalyptique, surréaliste où ce sont les ensembles qui animent les modèles. Les modèles surgissent du néant pour prendre vie et s’illuminer sous les feux des projecteurs.  On assiste à une résurrection des corps ou devrais-je dire des modèles pour donner vie aux pièces de couture.


PARIS FW S/S 10 – GARETH PUGH SHOW

Gareth Pugh me surprend toujours par sa capacité à trouver l’inspiration dans des sujets aussi inquiètants qu’époustouflants. Prêt à casser les limites des codes qu’on a l’habitude de voir chez les créateurs d’aujourd’hui, Gareth Pugh insiste sur l’aspect androgyne de ses modèles pour mettre davantage en valeur les pièces : héros gothiques, couleurs de plomb, terreuses voire demi-deuil, cascades de crêpe et de mousseline, couronnes de plumes d’oie en éventail… Le tout est orchestré par Matthew Stone qui remixe le thème majeur du film Requiem for a dream. Et justement, la mort est bien présente dans cette mise en scène extravagante où chaque détail est étudié minutieusement.

On se croirait aussi bien au Musée de l’homme avec un clin d’œil à l’histoire du costume, je pense à l’ensemble façon « iroquoise » ou le chapeau façon « capeline de chasse 18ème » qu’à un bal des vampires. Mais la mise en scène donne surtout l’impression d’assister au grand retour sur terre des héros de la Grèce Antique après des siècles de silence…


Pour en savoir plus :

http://www.garethpugh.net/

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Philip Glass, tout en musique…

by Alix de Boisset on février 5th, 2010 571 Comments
Qui n’a pas déjà entendu une des nombreuses mélodies composées par Philip Glass ? Qu’il s’agisse de ses opéras, symphonies, sonates ou compositions cinématographiques, Philip Glass est devenu un des musiciens les plus influents de la fin du XXème siècle. J’avoue avoir progressivement découvert Philip Glass au cinéma dans les films Kundun, The Hours, L’Illusioniste… Enchaînement de notes et d’accords glissant sur le clavier, thèmes entêtants, chants d’inspiration orientale, la notion de temps dans la musique de Philip Glass est perçue de façon entièrement différente de celle entretenue habituellement, non plus comme une continuité mais plutôt une succession d’instants qui se jettent les uns dans les autres…
Parallèlement à Steve Reich ou Terri Riley, Philip Glass a développé une musique minimaliste et mystique fondée sur des modules répétitifs. Philip Glass a depuis évolué vers une musique davantage stylistique dans laquelle l’aspect répétitif n’est plus prépondérant. Depuis lors, Philip Glass se définit désormais comme un compositeur classique, ayant étudié Bach, Beethoven ou Schubert.
Philip Glass a abandonné la musique sérielle (musique fondée sur une succession préétablie et invariable de sons), après avoir découvert la musique indienne comme une révélation et mit au point une technique de composition fondée sur la progression additive. Il s’est ainsi imposé comme l’un des maîtres de la musique répétitive (caractérisée par l’utilisation d’une pulsation régulière et la répétition de courts motifs évoluant lentement) en écrivant des opéras d’un nouveau genre et en étant particulièrement prolifique dans le domaine de la musique pour le cinéma.
Je trouve que ce mouvement musical rend le genre classique plus accessible auprès du grand public. Au lieu d’avoir une approche essentiellement intellectuelle, comme c’est le cas pour la musique sérielle ou expérimentale, cette musique permet de transmettre davantage d’émotivité musicale. On comprend pourquoi ce type de musique a tant été utilisée à la télévision ou au cinéma, car elle est une excellente musique d’accompagnement, que je qualifierais « d’accessoire ». On sent bien la volonté de ce mouvement musical américain de se délier de ses attaches européennes. Les opposants de Philip Glass lui reprochent justement de produire une musique de masse sans âme et superficielle. Et pourtant, même si ces remarques peuvent se justifier, je trouve que ce compositeur est parvenu à démocratise la musique classique en la rendant accessible, facile d’écoute et touchante. C’est déjà pas mal, non ?

philip_glass

Qui n’a pas déjà entendu une des nombreuses mélodies composées par Philip Glass ? Qu’il s’agisse de ses opéras, symphonies, sonates ou compositions cinématographiques, Philip Glass est devenu l’un des musiciens les plus influents de la fin du XXème siècle.

J’avoue avoir progressivement découvert la musique de Philip Glass au cinéma dans les films Kundun, The Hours, L’Illusioniste, The Truman Show… Enchaînement de notes glissant sur le clavier, retour à la tonalité, thèmes entêtants, chants d’inspiration orientale, la notion de temps dans la musique de Philip Glass est perçue de façon entièrement différente de celle entretenue habituellement, non plus comme une continuité mais plutôt comme une succession d’instants

Parallèlement à Steve Reich ou Terri Riley, Philip Glass a développé une musique minimaliste et mystique fondée sur des modules répétitifs. Philip Glass a depuis évolué vers une musique davantage stylistique dans laquelle l’aspect répétitif n’est plus prépondérant. Depuis lors, cette figure du monde de la musique contemporaine se définit comme un compositeur classique, ayant étudié Bach, Beethoven ou Schubert.

philip glass, home

Philip Glass a abandonné la musique sérielle (musique fondée sur une succession préétablie et invariable de sons), après avoir découvert la musique indienne comme une révélation et mit au point une technique de composition fondée sur la progression additive. Il s’est ainsi imposé comme l’un des maîtres de la musique répétitive (caractérisée par l’utilisation d’une pulsation régulière et la répétition de courts motifs évoluant lentement) en écrivant des opéras d’un nouveau genre et en étant particulièrement prolifique dans le domaine de la musique pour le cinéma.

Philip Glass

Je trouve que ce mouvement musical rend le genre classique plus accessible auprès du grand public. Au lieu d’avoir une approche essentiellement intellectuelle, comme c’est le cas pour la musique sérielle ou expérimentale, cette musique permet de transmettre davantage d’émotivité musicale. On comprend pourquoi ce type de musique a tant été utilisée à la télévision ou au cinéma, car elle est une excellente musique d’accompagnement, que je qualifierais « d’accessoire ». On sent bien la volonté dans ce mouvement musical américain de se délier de ses attaches européennes. Les opposants de Philip Glass lui reprochent justement de produire une musique de masse sans âme et superficielle. Et pourtant, même si ces remarques peuvent se justifier, je trouve que ce compositeur est parvenu à démocratiser la musique classique en la rendant accessible, facile d’écoute et touchante. C’est déjà pas mal, non ?

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Hommage à Nikita Mikhalkov

by Alix de Boisset on février 4th, 2010 475 Comments

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Nikita Mikhalkov… Il suffit que je prononce son nom et j’ai un flot d’images qui envahissent mon esprit ! Des images colorées, réalistes, troublantes, qui reflètent la Russie d’aujourd’hui dans toute sa diversité.

Soleil trompeur, les Yeux Noirs, le Barbier de Sibérie, Urga, 12, … Et tant d’autres encore ! Nikita Mikhalkov est devenu l’un des piliers du cinéma russe en 40 ans de carrière. Il a réussi à s’affirmer en marge des oeuvres de cinéastes plus reconnus comme Alexandre Sokourov. Le fil conducteur de toute son oeuvre ? Dépeindre l’histoire du peuple russe depuis les années 1970 à travers des fresques brassant les époques.

S’essayant à des styles différents, Nikita Mikhalkov est devenu une référence de la culture russe. Tous ses films parviennent à créer une âme collective russe : mise en scène de personnages d’une humanité percante, images d’une beauté émouvante, réfléxions sur la condition humaine, références personnelles (l’enfant qui court dans les champs en appelant sa mère, l’air de valse qui va et vient entêtant, le chauffeur au volant de son vieux camion)… Sondant tout autant l’âme humaine que l’identité russe, son cinéma est celui d’un esthète et d’un poète dont l’œuvre émeut autant qu’elle éblouit.

Il a fait jouer les plus grands, Oleg Menchikov, Marcello Mastroianni, Richard Harris… Et n’a pas hésité à faire participer les membres de sa famille pour jouer dans ses films, je pense à sa fille ainée dans le film portait Anna, ou sa fille Nadia dans Soleil Trompeur.

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Le génie de Nikita Mikhalkov est d’arriver à reproduire l’ambiance magique et démesurée des grands romans russes. Toujours en quête d’absolu, rendant hommage à la Mère Russie sainte et protectrice, ses films mettent en scène des personnages tout droit sortis d’un conte populaire russe. La beauté de ses prises de vue et la finesse de son ironie font de ses films un vrai hommage à l’âme russe : grandiose, démesurée et empreinte de nostalgie.


Pour partir à la découverte de Nikita Mikhalkov, profitez de l’hommage que lui rend la France à partir de mars 2010 !

Paris, Les 7 Parnassiens
2 février 2010 : Ouverture
Paris, Le Lincoln
3 – 17 février 2010
www.parnassiens.com www.lelincoln.com

Paris, Les 7 Parnassiens

2 février 2010 : Ouverture

Paris, Le Lincoln

3 – 17 février 2010

www.parnassiens.com www.lelincoln.com

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