Le phénomène Marc Levy
Marc Levy est actuellement l’auteur français le plus plébiscité dans le monde : ses romans populaires ne quittent pas le classement des meilleures ventes depuis le début des années 2000. Né dans les Hauts de Seine, Marc Levy quitte la France pour les Etats Unis à 23 ans et fonde une société spécialisée dans l’image de synthèse. Il reste aux Etats Unis pendant sept ans et revient à Paris pour créer un cabinet d’architecture. Aimant raconter des histoires et doué d’une grande imagination, c’est en tant qu’amateur qu’il se met à l’écriture. Sa sœur le persuade d’envoyer son manuscrit à plusieurs éditeurs et ce sont les éditions Robert Laffont qui le contacteront. Son premier roman « Et si c’était vrai… » est alors adapté au cinéma par Steven Spielberg (Dreamworks 2005). Il se consacre depuis à l’écriture et emmène le lecteur dans un univers personnel où tout est possible : aujourd’hui, les ventes de ses dix livres, toutes éditions et langues confondues, ont dépassé les 20 millions d’exemplaires.
1. Vous considérez-vous comme une figure Littéraire ?
Marc Levy : Je ne sais pas ce que vous entendez par « figure littéraire », ce que je peux vous dire c’est que je m’interdirai toujours de me regarder écrire, je préfère regarder ce que j’écris.
2. Comment définiriez-vous votre style ?
Marc Levy : Libre ! Pour les deux… En tant qu’écrivain, ce qui compte pour moi est d’inventer, de me renouveler chaque fois, de m’amuser, de prendre un risque, tout comme un artisan qui travaille avec une matière vivante.
3. Racontez-nous votre parcours…
Marc Levy : Je vais vous épargner ça ! Je n’aime pas beaucoup parler de moi, bon, si vous y tenez vraiment… Après m’être engagé pendant six ans à la Croix Rouge Française et étudié la gestion et l’informatique à l’Université Paris Dauphine, j’ai crée en 1983 une société spécialisée dans les images de synthèses en France et aux États-Unis. Mais j’ai tout quitté en 1989 pour repartir à zéro en fondant à Paris avec deux amis une société de travaux de finitions. Un jour, j’ai voulu écrire une histoire à l’homme que deviendra mon fils. Encouragé par ma soeur scénariste, j’envoie ce manuscrit aux Editions Robert Laffont qui acceptent aussitôt de publier « Et si c’était vrai ». Peu avant la sortie du roman, Steven Spielberg en acquiert les droits d’adaptation cinématographique. C’est après la publication de « Et si c’était vrai ? » que j’ai décidé de me consacrer exclusivement à l’écriture. S’ensuivent « Où es-tu ? », « Sept jours pour une éternité », « La prochaine fois », « Vous revoir », la suite de « Et si c’était vrai », « Mes amis, mes amours »(adapté au cinéma), « Les Enfants de la liberté » et « Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites », « le premier jour » et « La première nuit » la suite du précédent. En plus de ces romans, j’ai écrit quelques nouvelles et réalisé un court métrage pour Amnesty International ainsi que quelques chansons pour différents artistes dont Johnny Hallyday.
4. Vous avez travaillé longtemps pour la Croix Rouge et vous participez à des opérations humanitaires…
Marc Levy : J’ai passé six années à la Croix Rouge et je ne pourrai jamais rendre à la Croix Rouge tout ce qu’elle m’a donné. J’entends ceux qui disent que le monde d’aujourd’hui est individualiste, certes, ce n’est pas la société qui fait un pas vers vous, mais cela n’interdit en rien de faire soi-même un pas vers les autres. En entrant à la Croix Rouge Française à dix-huit ans, je me suis aussitôt vu offert une place dans la société. Alors, aujourd’hui, soutenir certaines associations, c’est aussi ma façon de participer un peu à la société dans laquelle je vis. Cela dit, je rêve aussi de retourner vraiment sur le terrain. Je soutiens Action contre la faim, parce que des millions d’enfants meurent chaque année par manque d’eau potable et d’alimentation suffisante et que nous pouvons faire quelque chose. ACF a sauvé deux millions d’enfants l’an dernier, vous vous rendez compte ! J’apporte aussi mon soutien à Action Innocence, une association qui œuvre à la protection des enfants sur Internet. Egalement à l’association IDEE, qui s’occupe des enfants atteint d’Epilepsie. Je soutiens chaque fois que je le peux les actions d’Amnesty, de l’institut Pasteur, et depuis peu SOS Villages d’enfants, une association formidable qui permet aux frères et sœurs sans parent de ne pas être séparés. SOS villages d’enfants, crée des villages d’accueils en France et dans le monde pour donner une vie normale à des orphelins ou enfants séparés de leurs parents.
5. Comment en êtes-vous venu à écrire votre premier roman : « Et si c’était vrai ? »
Marc Levy : Mon passage à l’écriture est un peu particulier et la chance y est pour beaucoup. Quand j’ai commencé à écrire ce qui deviendrait « Et si c’était vrai », je n’avais pas l’intention d’en faire un roman, et je pensais encore moins qu’il serait publié. J’avais écrit cette histoire pour mon fils, ou plutôt pour l’homme qu’il deviendrait un jour. Mon idée était de lui remettre le manuscrit quand il aurait l’âge que j’avais en l’écrivant. A travers ce roman, je voulais lui dire d’aller au bout de ses rêves de ne laisser personne l’en déposséder. Poussé par ma soeur scénariste, j’ai envoyé le manuscrit aux Editions Robert Laffont, qui m’ont répondu, huit jours après, vouloir publier le livre. Quelques semaines plus tard, Steven Spielberg me téléphonait pour m’annoncer qu’il voulait adapter mon histoire au cinéma. J’ai alors démissionné du cabinet d’architecture que je dirigeais pour écrire un second roman et me consacrer à l’écriture. Il fallait que je sois cohérent avec moi-même. Arrivait dans ma vie un rêve que je n’aurais jamais osé réaliser, mais, si je n’avais pas été au bout de ce rêve, tout ce que je voulais dire à mon fils dans mon premier roman n’aurait alors été qu’un mensonge.
6. L’adaptation à l’écran par Steven Spielberg vous a -t-elle satisfaite ?
Marc Levy : Le livre est trop long pour être adapté dans sa totalité. Il fallait choisir entre la ligne « comédie » ou la ligne « dramatique » puisque le roman contient presque deux histoires en une. Les producteurs américains ont choisi le côté comédie du roman, c’est un choix respectable. Personnellement, j’ai passé un agréable moment en le voyant, sauf la fin que je trouve trop. happy end. Même si les personnalités d’Arthur et Lauren diffèrent dans le film de ce qu’elles sont dans le roman, même si les prénoms des personnages ont été changés, Mark Ruffalo et Reese Whitherspoon, ont recréé la complicité entre Arthur et Lauren. Bien sur, on ne retrouve pas les chapitres du livre, mais l’idée et le sentiment du roman sont présents. J’ai eu l’occasion de voir plusieurs fois le film et à chaque projection je découvre des liens entre les deux, comment le roman a pu inspirer tel ou tel passage du film. Très sincèrement, on ressort de la salle heureux et je ne crois pas que le film efface la mémoire du livre. Je sais que certains lecteurs n’ont pas du tout aimé le film, trouvant que le roman avait été trahi, je voudrais leur dire ceci : le jour où les éditions Laffont m’ont appelé pour me dire qu’ils voulaient publier mon roman, je me suis pincé ; le jour où Spielberg m’a contacté pour me dire qu’il voulait en faire un film, je me suis pincé encore plus fort, alors si l’on m’avait dit un jour que des lecteurs préféreraient mon roman à un film de la Dreamworks… Je n’y aurais jamais cru, alors merci infiniment.
7. Décrivez-nous une journée type pour vous…
Marc Levy : Rien de bien particulier qui mérite d’être raconté. Je travaille beaucoup, j’écris la nuit, parfois toute la nuit. Je dors peu, mais je dors vite… Les journées les plus trépidantes se déroulent lors de mes séjours à l’étranger, rencontrer les lecteurs en France, au Vietnam, en Corée, en Russie, en Allemagne, en Italie, en Espagne etc… Autant d’expériences à chaque fois fabuleuses pour moi.
9. Que ressentez-vous avant la parution d’un roman ?
Marc Levy : Un trac fou, Une boule au ventre…
10. En quelques mots, de quoi parle « Les enfants de la Liberté » ainsi que le roman en deux tomes « Le premier jour » et « La première nuit » ?
Marc Levy : « Les enfants de la liberté » raconte l’histoire vraie d’une vingtaine d’adolescents en France pendant la seconde guerre mondiale. Tous étaient dans la résistance, dans la 35ème brigade Marcel Langer. Ce adolescents venaient de tous les coins de l’Europe, ils étaient Roumains, espagnols, Italiens, et beaucoup sont morts en criant vive la France avec un accent étranger. Quant à mes deux derniers romans, lesquels sont une histoire en deux tomes, il s’agit d’un roman d’aventure, la rencontre d’une archéologue et d’un astrophysicien. C’est un thriller, et une histoire d’amour sur fond d’étoiles…
11. Vous en êtes à votre 10ème roman : sentez-vous une évolution voire une maturité dans votre écriture, votre style ?
Marc Levy : Disons que je l’espère, c’est le moteur du travail artisanal, l’envie de progresser, de prendre conscience des imperfections passées, de travailler à ne pas les reproduire tout en ayant conscience que d’autre seront commises. J’aime travailler, me remettre sans cesse en cause.
12. Quel effet cela fait d’être l’auteur français le plus lu dans le monde ?
Marc Levy : Plaisir, très plaisir.
13. Comment expliquez-vous votre succès ?
Marc Levy : Je ne l’explique surtout pas. Je sais que la chance y est pour beaucoup et je travaille beaucoup pour la mériter.
14. Quels sont les univers littéraire ou artistiques qui influencent votre travail ?
Marc Levy : La littérature anglo-saxonne.
15. Hormis l’écriture, à quelles passions vous adonnez-vous ?
Marc Levy : La musique, la cuisine et l’aviation et je n’ai jamais trouvé le rapport entre ces trois passions !
16. Quels livres lisez-vous en ce moment ?
Marc Levy : En ce moment j’écris alors hélas, je ne lis pas.
17. Quelles missions donnez-vous à l’écriture ?
Marc levy : Créer une émotion, entrainer le lecteur dans une histoire, partager un sentiment.
18. Quels sont vos projets pour 2010 ?
Marc Levy : Un prochain roman avant l’été, beaucoup de voyages à l’étranger, et quelques jours de vacances, je n’en ai pas pris depuis si longtemps….
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